Depuis deux ans, Annick Victor mène un combat sans relâche contre la Sécurité sociale. Sa demande de pension pour son fils Adriano, 18 ans, a été rejetée en quatre occasions. Entretemps, le jeune homme qui souffre de troubles mentaux est devenu agressif et nécessite une assistance 24 heures sur 24…

Adriano Victor, 18 ans, aurait pu être comme tous les jeunes de son âge. Sauf que le destin en a décidé autrement. Suivant des disputes familiales fréquentes, cet habitant de Pailles, qui était toujours au collège, a subi un choc traumatique. Ce qui a conduit à des conséquences psychologiques sévères. Depuis, Adriano a commencé à adopter un comportement bizarre. Si bien qu’en août 2020, sa mère Annick a dû l’emmener chez  un psychologue qui, à son tour, a référé le cas à l’hôpital psychiatrique de Beau-Bassin. Selon elle, Adriano dit entendre des voix qui lui parlent ; il se bouche constamment les oreilles ou encore se met à se dévêtir en pleine rue. « Ene fois li fine rente cot mo voisin. Line fer kitchoz ki pa bizin. Zot ti pou batte li. Ene fwa la polis ti bizin amenn li lakaz. Mone bizin intervenir pou explik zot », se remémore Annick, une mère éplorée. Elle était dans l’émission Anou Marye Pike, ce mercredi 1er juin.

Depuis deux ans, Adriano effectue le va-et-vient entre Pailles et Beau-Bassin pour ses traitements. Son médecin traitant lui a prescrit des stabilisateurs en combinaison, avec un traitement psychothérapeutique après un examen approfondi de la situation. Sauf que depuis l’année dernière, Adriano a fait montre de signes d’agressivité. Même envers sa mère Annick. Alerté, son médecin a doublé sa dose. Il a également imposé une surveillance 24 heures sur 24 sur le jeune homme. Car, l’état psychique d’Adriano s’est empiré. Du coup, Annick qui est bonne à tout faire, est contrainte de se faire accompagner par son fils malade à chaque fois qu’elle doit se rendre à son travail. « Mo travay dans la cour dimounn. Parfwa ena compren, parfwa non. Mo fine xplik ça docter là. Line donne moi ene certificat médical pou dimane pension. Mo pou bizin vey li et mo pa pou kpav travay. Docter fini dir moi ki so cas pou agravé net », raconte la mère en larmes.

En effet, sur les conseils du médecin, Annick formule une demande pour une pension d’invalidité, avec certificat médical à l’appui, en mars 2021 auprès de la Sécurité sociale. Une demande qui a été rejetée. En septembre de la même année, elle fait une nouvelle application. Elle est encore une fois rejetée. Entretemps, Annick a été appelée à formuler une demande d’aide sociale à l’intention de son fils. En mars dernier, cette demande n’a pas été considérée, non plus. Attristée, elle s’est tournée vers l’équipe d’Anou Marye Pike pour faire état de sa situation.

Sollicité pour une réaction, Navin Kumar Caleechurn invite Annick Victor à faire appel contre cette décision. Néanmoins, selon l’adjoint au commissaire à la Sécu, Annick disposait d’un délai de seulement d’un mois pour cet exercice. « Normalman bizin atane 6 moi pou fer application. Annick bizin prend ene papier médical avec so médecin et dir ki so cas fine agravé, lerla nou kpav pren application la», conclut-il.