
Le suicide est un phénomène à la fois délicat, complexe et inquiétant. Et selon les dernières estimations obtenues par l’association « Solidarite Marye Pike » (SMP), une nouvelle tendance a retenu notre attention. Tous les indicateurs indiquent un rajeunissement inquiétant dans le nombre de cas répertoriés. Une annonce faite par le vice-président de l’association Befrienders, José Emilien, qui était, ce matin, lundi 18 juillet l’invité de l’émission « Anou Marye Pike ». Comment expliquer ce phénomène de société, alarmant, qui touche de plus en plus nos jeunes et ainsi tenter de l’enrayer ?
D’emblée, il faut avouer que l’avènement de la crise sanitaire et l’instauration du confinement sont deux facteurs qui ont, particulièrement, affecté la santé mentale de tout un chacun. Ce qui a eu pour résultat de créer un climat susceptible de mobiliser de l’angoisse et qui a, sans nul doute, grandement contribué à rehausser la vulnérabilité des jeunes. Une analyse que partage, également, José Emilien, le vice-président de l’association de Befrienders. Ce dernier nous a avoués que le nombre d’appels traités par l’organisme après le passage du Covid-19 a quasiment doublé.
Une incidence que José Emilien, associe à un changement dans le mode de vie qui a contribué à exacerber le comportement suicidaire chez les jeunes. Pour le vice-président, l’évolution et la transformation des structures familiales n’ont pas été sans conséquence. Ce changement de mœurs, passant de familles plurielles, qui était autrefois prévalent, aux familles mononucléaires, a joué un rôle prépondérant dans l’encadrement des enfants. Dans le monde d’aujourd’hui, on note un changement dans l’interaction et les comportements au sein des familles. Dans l’ère ou nous vivons, nombre de parents ont une vie chargée. Ce qui, à terme, peut créer un manque de dialogue dans la famille et laissé les enfants livrés à eux même.
Il faut aussi tenir en ligne de mire un autre facteur, celui du cyberharcèlement, qui peut prendre plusieurs formes. Un fléau qui a émergé dans un contexte de transformation numérique qui gagne du terrain. Ce qui a eu un impact non négligeable sur nos jeunes d’autant que le cyberharcèlement se pratique via les téléphones portables, messageries instantanées, jeux en ligne, réseaux sociaux entre autres.
Autant de facteurs que tente de résoudre l’association Befrienders, qui assure un service d’écoute en permanence. Lors de son passage dans notre émission, nous avons également appris que l’organisme dispense des sessions en face-à-face, sur rendez-vous. José Emilien nous a assurés que toute doléance sont traitées sur des principes de base, tels que la confidentialité, le non-jugement et l’anonymat. Des cellules d’écoute sont aussi dispensées aux prisonniers, quand le besoin se fait sentir.
Befrienders est une association à laquelle les personnes peuvent être écoutées sans jugement, nous a déclarés son vice-président. Pour lui, les signes du suicide sont facilement détectables et la prévalence reste de mise. À savoir que Befrienders est une entité internationale, présente dans 70 pays et compte 150 centres dans le monde. Elle est, également, présente à Rodrigues depuis plus de dix ans.
Pour d’amples informations, veuillez contactez Befrienders Maurice sur la hotline la 800 93 93, via Whatapp sur le 5 483 72 83 ou le 467 01 60.