On ne cessera jamais de le dire ! Les pluies torrentielles qui continuent à se déverser sur Maurice font d’énormes dégâts dans la vie de plusieurs de nos compatriotes. Notamment ceux et celles qui vivent dans des conditions précaires dans des maisons, pour ne pas dire des bicoques, construites à la va-vite sur des terres de l’État. C’est le cas de Charlène Ambolam, une mère de famille de trois enfants, qui face aux circonstances de la vie et qui a été forcée de prendre quelques tôles et poteaux pour construire ce qu’elle considère comme sa maison.

En effet, après avoir dû quitter son logement qu’elle louait dans la région de Ste Croix, en raison de défauts de paiements, Charlène, qui élève seule ses trois enfants, n’a trouvé d’autres places que Ti Rodrigues, à La Cure, pour déposer ses valises. Il y a cinq mois, avec quelques tôles usées et des poteaux de construction elle a érigé une maison, pour qu’elle et ses trois enfants, dont un fils de 8 ans, puissent avoir un toit sur la tête.

Mais Charlène ne savait pas que Ti Rodrigues était considéré comme une région à risque d’inondations et qu’en période de pluies, la région se transforme en un terrain de boue impraticable. « Ou Koné kan mo propriétaire fine met moi dehors mo pas ti kone kot pou alle avek mo 3 enfants. Mo fine tan dire qui capav mont enn la case dans Ti Rodrigues, mo finn vinn pour tent mo sans, car mo pena lot plas pou alle et mo pa ti pou kapav less mo ban zenfant dormi lor lari », peste amèrement Charlène, qui vit un véritablement cauchemar depuis la semaine dernière.

En vérité, sa maison de fortune s’est transformée en une piscine permanente avec les eaux qui traversent toute la bicoque. « Ou pe koz avek moi la, mo lakaz pe coule partou avek lapli. Tou mo ban zafer finn mouille. Mo ban zanfan pena linz sek. Mo matela trempe net », dit encore Charlène, d’une voix visiblement accablée, en début d’après-midi, alors que la pluie a commencé à arroser la région de Port Louis. Charlène a aussi choisi de ne pas quitter sa maison pour aller chercher refuge dans le centre de Résidence La Cure, par peur sa sécurité et de ses enfants.

Visiblement, depuis lundi, elle n’arrive pas à envoyer ses enfants à l’école, faute de vêtements propres et secs. Ses deux filles, en grade 10 et 11, passent leurs temps à la maison ces derniers jours et Charlène confie n’avoir pas la conscience tranquille face à cette situation.

 « J’ai fait une demande pour avoir une maison de la NHDC, mais cette dernière me réclame Rs 60 000 comme dépôt. Où est-ce que je vais trouver cet argent, alors que je ne peux pas travailler en raison de mon fils de 9 et aussi à cause de mes filles ? Je dois être à la maison pour les attendre, car Ti Rodrigues n’est pas une place sécurisée pour les enfants… Mo nepli kone ki pou fer, ni ki la porte pou tape pour gayn enn ed », se lamente Charlène, qui travaillait, autrefois, comme femme de ménage.

Cette dernière espère néanmoins avoir de l’aide pour consolider davantage sa maison. « Si mo gayn un peu bon tôle ek dibwa mo kapav fer mo lakaz arete coule. Se sa led ki mo pe rode », avoue une Charlène désespérée.

Si vous pensez être en mesure d’aider Charlène, veuillez l’appeler sur le 5 473 18 68. Toute aide sera la bienvenue.