La destination Maurice est connue dans le monde entier pour ses plages et sa nature luxuriante. Cependant, il est triste de constater que derrière cette image de carte postale, se cache un problème environnemental majeure. La gestion des déchets. Selon des chiffres, plus de 500 000 tonnes de déchets, principalement ménagers, sont disposés chaque année. De ce chiffre, seuls 14 % sont recyclés. De ceux-là, 4 000 tonnes sont des déchets en plastique. Ce qui représente approximativement 3 à 4 pour cent. Un chiffre alarmant qui démontre le besoin urgent d’une prise de conscience environnementale.

La question a été évoquée ce matin, lundi 3 avril, lors de l’émission Anou Marye Pike, présenté par Frédéric Arekion, avec comme invitée Stéphanie Jacquin de l’ONG « We Recycle ». Fondée en 2016, les opérations de « We Recycle » se font essentiellement dans le district de Rivière Noire, Savanne et les Plaines Wilhems. L’association est spécialisée dans la collecte de déchets plastiques recyclables et de canettes de boisson. Son objectif est de sensibiliser les Mauriciens à l’importance du tri sélectif et la collecte de déchets en mettant en place des solutions innovantes et durables.

Selon « We Recycle », l’un des principaux problèmes liés à la gestion des déchets à Maurice est l’absence de structures privilégiant la récupération, le triage et le recyclage des déchets. Malgré les nombreux engagements pris par le gouvernement en matière de développement durable, il reste encore beaucoup à faire pour conscientiser tout un chacun sur la question.

La solution proposée par notre invitée est de créer une économie circulaire, en transformant les déchets en ressources. Par exemple, les canettes de boisson peuvent être recyclées et utilisées comme matière première pour la production de nouveaux objets. De même, les plastiques et autres produits de consommations pour la fabrication de nouveaux produits. Selon Stephanie Jacquin, cette solution permettrait de préserver les ressources naturelles de l’île.

Pour atteindre ces objectifs ambitieux, « We Recycle » travaille en partenariat avec les entreprises et les collectivités locales pour mettre en place des programmes de tri sélectif et de collecte. L’ONG organise également des campagnes de sensibilisation auprès des citoyens pour les encourager à participer activement à la protection de l’environnement. Les réactions divergent et certains sont même septiques quant à la notion de tri des déchets, avance-t-elle. L’effort doit être fait par les consommateurs, cela, car nous n’avons plus le loisir d’attendre les autorités de prendre les devants, chacun doit être conscient de l’urgence.

À une question de notre journaliste, Stephanie Jacquin nous a avoué que la déchetterie publique de Marchicose est déjà arrivée à saturation. Selon elle, deux options se présentent devant les autorités, soit la méthode verticale ou horizontale. L’un aura un impact sur nos nappes phréatiques et l’autre sera un manque à gagner concernant les terrains qui seront utilisés.

En conclusion, la gestion des déchets est un enjeu majeur pour Maurice. Pour atteindre ses objectifs de développement durable, l’île doit impérativement mettre en place une politique ambitieuse pour encourager le recyclage des déchets, réduire ses impacts sur notre environnement et rallier le maximum de personnes à la cause.