
Lors de l’émission Anou Marye Pike de ce mercredi 26 avril, nous avons eu droit à deux cas qui nous refont poser des questions, quant à la procédure d’éligibilité à la pension d’invalidité. Ou encore à la logique utilisée par les officiers qui siègent sur le ‘board’ qui décide sur la véracité des cas qui leur sont présentés.
D’emblée, nous devons faire ressortir que nous ne sommes pas le premier média à essayer d’attirer l’attention des autorités sur la légitimité de certains cas, à une pension d’invalidité. Si nous comprenons que ces autorités doivent veiller à ce que l’argent de l’État ne parte pas à gauche et à droite, sans une raison valable, nous sommes aussi stupéfiés devant certaines situations.
Dans le passé, nous avons eu droit à des personnes trisomiques qui doivent repasser sur le ‘medical board’ régulièrement, pour rétablir leurs pensions d’invalidité. Ce matin, nous avons écouté Renga Coochanah et Sameer Golamaully. Ces derniers sont un ex-chauffeur et un ex aide-chauffeur respectivement. Les deux ont eu des problèmes de santé et ont dû subir une amputation de l’un de leurs pieds.
Renga Coochanah, 58 ans, un ex-chauffeur de L’Escalier, nous a expliqué toutes ses peines, ce matin lors de notre émission. Il a été brûlé à son pied droit en 2010 et les médecins n’ont pas pu sauver deux de ses doigts. Depuis, il a dû cesser toute activité professionnelle et a commencé à bénéficier d’une pension d’invalidité. En 2015, l’état de ce même pied s’est aggravé et il a été amputé jusqu’à la cheville.
C’est en 2021 que Renga a commencé à avoir des soucis avec sa pension. Celle-ci a été supprimée et avait été rétablie en avril 2022, après être passé devant le ‘board’ médical. Le 4 juillet de la même année, il a été appelé devant ce même panel et en décembre sa pension a été, de nouveau, supprimée. Depuis, il a dû prendre des crédits dans les commerces du coin pour avoir des provisions, sans parler de ses dettes envers le CEB et la CWA, qui se sont accumulées depuis le mois de décembre. Son appel a été entendu en mars dernier et le vendredi 21 avril, il a reçu une lettre de la Sécurité sociale, l’informant qu’il n’est plus éligible à une pension d’invalidité.

Nous avons aussi écouté le cas de Sameer Golamaully, ce matin, qui est dans la même situation que Renga. Cet ex aide-chauffeur de Goodlands a été amputé de son pied gauche le 26 août dernier et depuis, il n’a reçu qu’une seule fois une aide sociale de Rs 2 500. Il nous a expliqué qu’il a un problème de circulation de sang dans la partie inférieure de son corps. En effet, il avait déjà subi une intervention chirurgicale, un ‘bypass’, à son pied droit, et celui de gauche n’a pas pu être sauvé.
Sameer Golamaully nous a dit qu’il a fait une demande pour une pension d’invalidité en trois occasions. Toutes ses applications ont été rejetées par la Sécurité sociale. Le 27 novembre 2022, il avait reçu la visite d’un médecin à son domicile et le 7 avril dernier, il a eu une lettre pour l’informer qu’il n’est pas éligible pour une aide sociale. Entretemps, il lui arrive de se retrouver avec rien à manger. Tout dernièrement, il a même dû envoyer l’un de ses enfants chez sa sœur, par faute de moyen financier.

Nous avons essayé d’avoir une intervention sur ces deux cas, mais malheureusement, l’adjoint-commissaire à la Sécurité sociale était pris dans une réunion, lors de notre émission. Toutefois, les questions sur la procédure du ministère concerné restent entières. Pourquoi certains cas, qui sont irréversibles, doivent systématiquement passer sur le ‘medical board’ à chaque fois ? Une personne trisomique ou une personne amputée d’un membre essentiel pour une activité professionnelle quelconque, doivent-elles attendre à une amélioration de leurs états actuels ? Les problèmes adjacents de certains des cas, sont-ils pris en considération, avant que le ‘board’ ne donne sa décision finale ? Le ‘board’ ne doit-il pas prendre certaines logiques en considération ? Par exemple, dans le cas de Renga, à 58 ans, peut-il reprendre un autre emploi ? Une révision de cette procédure, n’est-elle pas nécessaire ?
Avis à ceux qui peuvent changer les choses pour que ces familles ne vivent plus des situations telles que celles décriées par Renga et Sameer.