
Ce Rodriguais de 78 ans et habitant de Port Mathurin à Rodrigues, vit un véritable combat depuis 2014 pour ne pas perdre complètement la vue. Il dit avoir été victime de négligence médicale, lorsqu’il a commencé à avoir des problèmes avec son œil droit. Malgré les consultations faites à l’hôpital Queen Elizabeth de Crève-Cœur, il a peiné à avoir un rendez-vous avec un ophtalmologue. On lui annonce, toutefois, qu’il a une tension à son œil droit et petit à petit il a commencé à perdre cet œil.
André entame, alors, des démarches pour des traitements en privé à Maurice. On lui diagnostique, ici, un vieillissement des yeux. En 2015, il commence à faire le déplacement entre les deux îles à un rythme époustouflant, soit tous les mois, pour des injections pour ses yeux. Grand bosseur durant sa jeunesse, il a su faire des économies. Mais là, tout commence à y passer. A l’époque, une injection lui coûtait entre Rs 12 500 à Rs 13 500. À cela, il fallait ajouter les prix des billets pour lui et sa femme, le logement qu’il a dû louer à long terme, les déplacements entre les aéroports. En moyenne, ça lui arrivait autour de Rs 30 000 pour chaque injection.
À partir de 2017 et après avoir fait des démarches avec le Gouvernement régionale, il n’a plus à payer les billets d’avion pour sa femme et lui. Mais, les autres coûts sont restés les mêmes, ou presque ! Les injections sont à Rs 14 000, maintenant, et sans oublier le coût de la vie qui a augmenté. Même pour ses déplacements vers son médecin à Sodnac, depuis la maison qu’il loue à Quatre Bornes, il a besoin d’un taxi. Ses dépenses pour un chaque rendez-vous, il les estime en moyenne à Rs 20 000. Mais il concède qu’il n’a pas pris certaines dépenses en considération.
Depuis fin 2020, fort heureusement, il fait ces injections tous les 3 mois. Venu à Maurice depuis le 6 mai dernier, André n’a pu regagner son île natale. Il dit avoir été contacté pour faire la quarantaine, mais sa santé étant devenue fragile il a dû refuser. En effet, son estomac est devenu fragile avec le temps et il a besoin d’un régime strict. Son dîner, par exemple, il doit le prendre léger et très tôt l’après-midi, soit à 16 heures. De plus, André doit contrôler son hypertension et est allergique à certains aliments, dont les fruits de mer. Raison pour laquelle, il a attendu la réouverture de la frontière avec Rodrigues.
Cette réouverture ayant été annoncée pour octobre, André avait réservé son retour pour le 4 du mois prochain. Mais voilà, revirement de situation. La réouverture est maintenant repoussée pour le mois de novembre. Avec cette annonce, le septuagénaire se retrouve encore une fois bloqué ici. De plus, le Gouvernement régionale ne s’est pas encore statué sur le rapatriement des centaines de Rodriguais qui sont encore à Maurice.
André Allas souhaite une considération spéciale, vu son état de santé et au cas où il y aurait un exercice de rapatriement avant novembre. Il aurait souhaité pouvoir entamer sa quarantaine chez lui, à Quatre Bornes, mais toute autre suggestion serait la bienvenue, si son état de santé le lui permet.
Lors de l’émission Anou Marye Pike de ce vendredi 24 septembre, l’habitant de Port Mathurin a expliqué sa situation. Nous avons tenté d’entrer en contact avec le Commissaire de la Santé à Rodrigues, Simon-Pierre Roussety. Malheureusement, ce dernier n’a pas pris nos appels.