
La réintégration sociale des femmes dépendantes et ayant contracté des maladies sexuellement transmissibles demeure le maillon faible des programmes de réinsertion. Un processus parsemé d’embuches au cours duquel les victimes se retrouvent souvent livrées à leur propre sort. C’est le regard que porte Georgette Tarary, directrice de Chrysalide, sur les défis entourant le processus de réhabilitation. L’émission d’Anou Marye Pike de ce lundi 12 septembre nous a permis d’aller au-delà des préjugés pour un examen approfondi des réalités du terrain, du point de vue de l’ONG Chrysalide.
Invitée lors de notre édition de ce matin, la directrice de Chysalide déplore l’absence de structure pour le suivi et l’encadrement des ceux qui veulent retrouver leur place dans la société. À une question de notre journaliste, Georgette Tarary soutient que la réinsertion est difficile après une période sombre. Le taux de rechute est d’ailleurs conséquent, selon elle. D’emblée, si une femme souhaite se reprendre en main, les délits perpétrés seront mentionnés sur son certificat de caractère. Ce qui les exclut déjà des exercices de recrutement et leurs chances d’obtenir un emploi s’amenuisent.
Pour Georgette Tarary, nous évoluons désormais dans une société plus moderne et de ce fait, les stratégies doivent être revues. Aujourd’hui, quand deux parents travaillent, les enfants ont tendance à manquer d’encadrement. Vient également se greffer la pression des paires, qui vient exacerber la situation de manière négative ou positive. Les temps ont changé et le sens d’appartenance et les moments en famille n’existent quasiment plus, a-t-elle déclaré. « Les tendances et les mœurs se sont métamorphosées dans une société où les jeunes sont à la recherche de nouvelles sensations et veulent à tout prix exister ».
Les perspectives changent et c’est pourquoi Chrysalide a décidé de se réinventer au niveau de l’action sociale à entreprendre. Cela, après une enquête de terrain réalisée en 2019. Ainsi depuis 2020, les services dispensés par Chrysalide ont été améliorés pour être en adéquation aux normes internationales. La réinsertion demeure la finalité. Cela, avec une approche thérapeutique en continu. D’ailleurs, un projet de responsabilisation verra bientôt le jour avec une approche de développement intégrer. Une initiative ayant pour but de former ces femmes pour qu’elles retrouvent leur place au sein de la société.