
Son vécu ne l’a pas accablé. Au contraire, elle s’est forgé un caractère de fer et a su se remettre sur pied et a refait sa vie. Jenssy Sabapathee nous a raconté, hier 22 août, dans l’émission Anou Marye Pike, les raisons qui l’ont poussée à créer la page Facebook ‘’Respecter Nous’’ pour venir en aide aux femmes victimes de violences domestiques. Selon elle, c’est bien qu’il y ait une loi pour protéger la femme, mais son application est tout autre.
Elle dit avoir vécu un véritable calvaire auprès de son premier mari. Les coups pleuvaient souvent et elle s’est, à maintes reprises, tournée vers les autorités pour se protéger, elle et ses enfants, des maltraitances de ce dernier. Comme beaucoup d’autres femmes, a-t-elle expliqué, elle s’est heurtée à l’inaction des policiers qui ont reçu ses plaintes. Pire ! Son ex-mari a toujours eu connaissance du contenu de sa plainte. ‘’Mem ziska zordi, mo enkor gagne bokou bane cas kot madam gagne bate et missier pa gagne narien avec la police’’, dit-elle.
Depuis la création de ‘’Respectez Nous’’, Jenssy Sabapathee dit avoir traiter plus d’une centaine de cas de femmes violentées par leurs conjoints. Elle et son deuxième époux, qui fait aussi du social, se démènent du mieux qu’ils le peuvent pour apporter de l’aide et du soutien à ces femmes. Parlant des ordonnances de protection pour les femmes, cette ex-victime de violences conjugales n’est pas convaincu de son efficacité. ‘’Pou mwa enn Protection Order ce zis enn morso papie. Ena madam ki ine arrive perdi lavi, malgre li ena Protection Order’’, nous a-t-elle déclaré.
Jenssy Sabapathee déplore un certain laxisme au niveau de l’application de la ‘Protection from Domestic Violence Act (PVDA)’. Si les victimes vont toujours de l’avant pour dénoncer leurs agresseurs, bien souvent, elles ne n’obtiennent pas justice. ‘’Mo ine deza accompagne enn madam 65 ans, ki la cour ine dir ki li gagne droit reste dan lakaz ki li ek so mari ti pe habite, ki se so mari ki bizin quitte lakaz la. Kan arrive labas, mari la refuse donne madam la acces. La police pa mem intervenir et dir madam la ki li bizin alle rode enn lot place pou li reste’’, nous a-t-elle raconté lors de son intervention.
À l’heure où plusieurs amendements ont été apportés à la PVDA, Jenssy Sabapathee trouve inadmissible que la plupart des femmes victimes de violences conjugales se retrouvent à la rue. Qui plus est, nombreux d’entre elles ont des enfants sur les bras. Pour elle, les ‘shelters’ ne sont que des solutions palliatives dans de tels cas. Il faut que le Gouvernement vienne avec des solutions à long terme pour permettre à ces femmes de se reconstruire, surtout pour être indépendantes financièrement.
Par ailleurs, cette dernière a déjà adressé une lettre au Premier ministre et à la ministre de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille. Elle y a fait état des nombreux cas qui lui sont parvenus, via sa page Facebook ‘’Respectez Nous’’, et demande plus de considération pour les victimes de violences conjugales.