
Josué Nagen, 44 ans, s’est retrouvé sans domicile depuis le 1er novembre dernier. Cet homme de 44 ans, qui habitait Ste Croix, était pourtant homme sans histoires et travaillait comme salesman pour nourrir sa femme et ses trois enfants, du moins jusqu’à son accident, il y a une dizaine d’années. Depuis, tout a viré au noir ; sa femme le quitte et emmène ses trois enfants avec elle, il a fait 4 crises cardiaques, il devient dépressif, en août dernier on lui retire sa pension d’invalidité et tout récemment, son propriétaire le met à la porte.
Josué ne se rappel pas grand-chose de son accident. Toutefois, il a pu nous donner quelques détails sur ce qui s’est passé ce soir-là, alors qu’on était en pleine période des élections municipales. Le quadragénaire revenait de son travail à moto. Il était 20 heures lorsqu’une voiture, qui portait des oriflammes d’un parti politique, a percuté sa motocyclette et ne s’est pas arrêté. Josué nous a raconté qu’il a dû patienter prés d’une quinzaine de minutes, ensanglanté sur le bitume, avant qu’il soit transporté à l’hôpital. Il est, ensuite, envoyé en salle d’opération et on lui implante 8 vis dans l’une de ses jambes. Des vis qu’il porte toujours !
‘’Fini mo garson, ou pa pou kapav fer gran zafer ek sa la zam la’’, aurait lancé son médecin après son opération. Malgré cela, Josué nous dit qu’il a fait des efforts pour marcher, il y croyait en tout cas, mais il lui arrive souvent de tomber avec ses béquilles. Il ajoute que quand il sort de la maison, il lui faut être accompagné de quelqu’un pour l’aider. C’est, d’ailleurs, l’une des raisons principales qu’il ne peut pas faire certaines démarches.
Quelque temps après sa sortie de l’hôpital, Josué se retrouve à vivre seul. Sa femme quitte le toit conjugal, en emmenant ses trois enfants, aujourd’hui âgés de 13, 16 et 19 ans. Cette solitude et son état de santé pèsera lourd sur le moral de Josué. Deux ans de cela, il a même fait une dépression et il est actuellement sous traitement.
Josué a aussi fait quatre crises cardiaques. ‘’Mo fine aussi gagn problem leker. Mo ine faire en tou, 4 crises kardiak. La fine met de ressor kot mo leker. Enn kot droit et enn kote gos.’’ Avec ses problèmes de santé, qui sont assez importants selon ses dires, cet homme ne peut pas travailler. Il nous dit qu’il ne peut même pas prendre le bus, à cause de sa jambe. ‘’Koman mo pou alle travaye ? Pou mo bane demars et mo bane rendez-vous mo pe bizin paye taxi’’, nous a-t-il dit.
Alors qu’il dépendait entièrement de sa pension d’invalidité pour vivre, voilà qu’en août dernier cette aide financière a été suspendue. Il a fait appel de cette décision de la Sécurité sociale, le 28 septembre dernier, et est toujours en attente d’une réponse. Entretemps, Josué a accumulé trois mois de retard sur son loyer, qui est de Rs 6 000 par mois. Avec une ardoise de Rs 18 000, son propriétaire l’a mis à la porte de la maison qu’il louait à Ste Croix.
Sa nièce, Natasha (prénom fictif) qui est une mère célibataire et qui a une fille, est partie à sa rescousse et l’a trouvé dormant sur un matelas, à même le sol, à l’extérieur de ladite maison. Cette dernière, qui l’a recueilli depuis ce jour-là, ne peut pas l’héberger éternellement, puisqu’elle vit dans un logement que lui fourni ses patrons. Pour l’heure, ils ne savent que Josué vit sous le toit de Natasha et peuvent la renvoyer s’ils l’apprennent. Une situation que dit craindre la nièce Josué, lorsqu’elle nous a contactés pour venir en aide à son oncle.
Lors de l’émission Anou Marye Pike de ce vendredi 18 novembre, nous avons appelé le commissaire adjoint auprès de la Sécurité sociale, Navin Kumar Callychurn, pour intervenir sur le cas de Josué. Ce dernier nous expliqué que l’appel de Josué sera débattu le 7 décembre prochain et qu’en attendant, le quadragénaire doit faire une demande d’aide sociale. Une démarche qui risque de prendre du temps, puisque Josué est pour l’heure sans ressources et ne peut pas se déplacer par le bus.