Elle a quitté son pays en pensant que l’herbe était plus verte à Maurice. Mais grande a été sa déception lorsqu’elle rencontre son époux, un Mauricien qui allait devenir son bourreau quelques années plus tard. Aujourd’hui, cette mère de quatre enfants, laissée pour compte, loue une maison dans le petit village de Pamplemousses. Elle recherche désespérément un emploi dans le secteur du tourisme pour subvenir aux besoins de sa famille. Alertée, la SMP offre, depuis 2019, un repas chaud à cette famille dans le besoin.

Petite de taille, Juarez parle couramment le créole mauricien. Elle a quitté son pays natal, 20 ans de cela, pour être aux côtés de son époux. De cette union, sont nés quatre enfants. C’est le mari, selon elle, qui a déclaré les enfants en son nom. Car, Juarez ne dispose que de son acte de mariage comme document. « Au bout de cinq ans, mon couple battait de l’aile. J’ai habité plusieurs maisons avant de venir ici à Pamplemousses. J’ai entrepris plusieurs démarches pour obtenir la nationalité mauricienne, mais en vain. Du coup, je peine à être embauchée », se désespère-t-elle.

Sans emploi, Juarez avoue ne pas avoir une vie facile. Elle cumule plusieurs emplois, comme femme de ménage, pour nourrir les bouches. Mais avec la crise due à la Covid-19, Juarez a été forcée de prendre congé chez certains propriétaires. Du coup, avec un maigre salaire, elle peine à nourrir ses quatre enfants. Certains jours, elle boit de l’eau pour remplir son estomac. Mais la providence a mis sur son chemin, Agnèsse, une soldate de la SMP, qui est devenue très vite sa confidente. Depuis 2019, Juarez et ses enfants profitent de la générosité de la SMP pour manger à leur faim.

Elle ne pouvait plus compter sur le soutien de son époux qui s’est laissé emporter dans la spirale infernale de la drogue. « J’ai demandé à mon époux de déserter le toit conjugal par peur pour mes enfants. Mes enfants méritent mieux. Je me bats contre les autorités pour pouvoir obtenir la nationalité mauricienne », tonne-t-elle.

Il faut savoir que c’est le Bureau du Premier ministre qui octroie la nationalité mauricienne. La Mauritius Citizenship Act fait provision pour qu’un conjoint étranger soit admissible en tant que citoyen de la République de Maurice, après avoir résidé sous le même toit conjugal pour une période de pas moins de quatre ans. Mais Juarez vit à Maurice depuis déjà 20 ans.

La SMP a fait parvenir un courriel au bureau du Premier ministre pour s’enquérir davantage sur le refus de Juarez A.