
« 18 ans, Missié, pas 18 jours sa. » Ces mots de Preety Nelson tombent comme une lame qui fend le cœur en ce début de 2023. En effet, Preety et son époux sont en colère et se posent mille questions, alors que le mois de janvier est bien entamé. Sur cette interrogation envers le Tout Puissant : ’’ eski bon Dieu ékout nou la priyer ? ’’ En effet, depuis 18 ans, Preety et son mari n’ont cessé de réclamer, dans leurs prières, que Dieu leur accord une maison. Il faut dire qu’à Maurice, le couple Nelson n’est malheureusement pas l’unique famille qui, depuis belle lurette, se trouve dans cette situation.
« C’est tout ceki mo demandé, en lakaz. C’est tout. Je suis fatiguée. Fatiguée de quémander, alors que c’est mon droit. Fatiguée de faire le trajet Bambous/Rose-Hill pour aller voir où en est mon dossier de demande de logement dans les locaux de la NHDC. Fatiguée de téléphoner pour n’entendre que des fausses promesses », déplore Preety, jointe au téléphone ce matin et qui a lancé un appel à l’aide à la SMP.
Pourtant, l’histoire de la famille Nelson n’a rien de plus ordinaire, comme beaucoup de famille à Maurice. Preety et son mari travaillent et font tout ce qui est nécessaire pour grandir leurs trois enfants âgés entre 4 et 17 ans. Au départ, le couple avait pris leur quartier dans la maison de la maman de Preety. Mais avec le temps, la cohabitation devenait difficile en raison du fait que les trois enfants grandissaient.
Ainsi, en 2005, le mari de Preety entame les démarches pour obtenir une maison de la NHDC. Les procédures nécessaires pour l’obtention d’un logement social sont scrupuleusement respectées et le couple gardait espoir que leur demande allait vite aboutir. Entre-temps, il loue une maison à la NHDC de Bambous, afin d’avoir plus d’espace pour les enfants et assurer que leur éducation se passe, aussi, dans les bonnes conditions.
Mais les années passent, Preety et son mari ne voient rien venir. Ils commencent alors un incessant va-et-vient dans les locaux de la NHDC à Rose-Hill pour forcer leur destin. « Mo dire ou tout dimoune fine kone moi dans sa bureau-là », souligne d’un air taquin Preety qui ne sait, désormais, à quel saint voué.
Pourtant, Preety explique qu’elle a cru, il y a trois ans, que Dieu allait enfin exhausser ses prières. En effet, la NHDC, dit-elle, les avaient convoqués pour débuter les procédures pour l’allocation d’une maison à Chebel et c’était bien avant que les deux constructions (Chebel et Chebec) n’eussent débuté.
« Toutes les procédures légales ont été faites. On m’a demandé de trouver Rs 80 000 pour faire un dépôt et Rs 25 000 pour les papiers. J’ai trouvé cet argent par le biais d’un emprunt que j’ai pris à la banque. Mais après rien. Les maisons ont été allouées et on ne nous a jamais appelés », déplore amèrement Preety.
Cette dernière croyait que la chance allait enfin lui sourire, avec les maisons de la NHDC de Gros Cailloux. Mais là encore rien et depuis deux ans, c’est silence radio de la part de la NHDC et le couple Nelson se disent délaisser et priver de leurs droits d’avoir un logement décent. Une autre démarche pour avoir une maison à Dagotière n’a pas abouti. « A chaque fois, on me dit que les maisons ont déjà été allouées. »
« Mo déçu et en colère avec sa ban démarche ki zot passe boule et ban fausse promesse NHDC. Zot fine donne-moi ban faux espoir. Mo nepli koné ki pou fer », dira un Preety au bord des larmes. En effet, cela fait 18 ans que ce calvaire dure. Un calvaire qui n’est pas près de finir !