Photo d’illustration

Avoir un enfant autiste n’est pas de tout repos. Les témoignages de ces parents d’enfants avec des troubles autistiques sont, toutefois, touchants et on ne peut qu’admirer leurs courages et leurs dévotions. Les réveils en pleine nuit, l’obligation d’être toujours aux aguets, et subir les regards et l’incompréhension de leur entourage, ne sont rien à côté de l’amour qu’ils portent à leurs enfants. Hier, lundi 19 septembre, dans l’émission spéciale Anou Marye Pike, axée sur l’autisme, nous avons été émerveillés par les vécus de deux mamans. L’une d’elle a un fils autiste et elle nous a dit avoir remarqué des signes de l’autisme chez sa fille de 3 ans.

Anna (prénom fictif) est mère de deux enfants. Son ainé, Joshua (prénom fictif), âgé de 7 ans, a été diagnostiqué il y a un et demi. Il avait 5 ans. Au départ, cette maman pensait que son fils était hyperactif et n’a jamais eu à l’idée qu’il pouvait être autiste. Joshua suivait, déjà, des traitements pour ses crises d’épilepsie. C’est en allant à ses rendez-vous avec le pédiatre de Joshua, qu’Anna a commencé à avoir des doutes sur le comportement de son fils. En effet, le pédiatre lui a fait comprendre que Joshua présentait des signes de l’autisme et lui a conseillé de le faire diagnostiquer. Chose qu’elle s’est empressée de faire au SEDAM (Service d’évaluation et de diagnostic de l’autisme à Maurice). Les résultats ont, effectivement, confirmé les dires du pédiatre ; Joshua a été diagnostiqué avec un autisme léger.

Selon les dires d’Anna, son fils accuse un retard de deux ans par rapport à son âge. Il a dû commencer à faire des thérapies à la ‘Rainbow Foundation’, pour l’aider à mieux se socialiser. Une chose qui était difficile au départ, car le petit ne coopérait pas. Même si Anna se dit à l’aise maintenant avec son fils, cela n’a pas toujours été le cas. Ce dernier ne jouait pas avec les autres enfants de son entourage, était agressif envers lui-même, entre autres. Une situation qui était difficile à gérer pour Anna et qui nécessitait beaucoup de patience de sa part. ‘’ Li pa ti conner ce koi le dange. Ti bizin patience pou explik li sa. Kan explike, ça peut partir dans des cris et des pleurs’’, nous a raconté Anna. ‘’Bizin lerla surveye li, kot li kapav tap li mem dan la enn porte’’, ajoute-t-elle. 

Entretemps, Joshua poursuit sa scolarité, malgré ses troubles autistiques. ‘’Li dan lekol normal. Au depar ti difficil, mais la prof compran li et laisse li sorti si des fois li envi sorti. Ce au nivo bane grands-parents ki enkor ena problem. Zot pa compran ce koi l’autisme’’, nous raconte Anna lorsque nous lui évoquons la compréhension du handicap de Joshua par son entourage. Elle ajoute qu’elle a commencé a remarqué, également, des signes de l’autisme chez sa fille de 3 ans. Une situation qu’elle appréhende, un peu, car elle va devoir s’occuper de deux enfants autistes, si sa fille est diagnostiquée avec l’autisme elle aussi.

Aux parents qui ont des enfants autistes, Anna leur conseille de ne pas baisser les bras. ‘’Pran courage, bizin bocou patians. Ena bocou parents, mo trouve, pran sa pou enn fatalite. Mais faut pa. Pou mwa, sak progre mo ban zenfan faire, ce kouma dir enn victoire pou mo mem ‘’, conclu Anna avec une émotion qui était très perceptible dans sa voix.