
Quatre ans après avoir subis une intervention médicale délicate au bas du dos, Isabelle Toonananak, 48 ans, cri à la négligence médicale. Elle estime aujourd’hui que le personnel de santé qui s’occupait d’elle, ne lui aurait pas fourni de soins adéquats. Ce qui, selon ses dires, aurait aggravé son état de santé et précipité sa descente aux enfers. Après s’être longtemps murée dans le silence, elle décide finalement de sortir de son mutisme et de dénoncer avec force la présumée injustice à laquelle elle aurait été confrontée. Quatre ans après les faits, quelles seraient les avenues possibles ? S’agit-il d’une erreur médicale ? Et comment la victime peut éventuellement songer à une indemnisation ? Telles sont les questions qui ont été abordées, ce matin du mercredi 18 janvier, lors de l’émission Anou Marye Pike.
‘’Mo ti rant lopital bien, sans ki mo bizin laid fauteuil roulant, letan mo sorti monn fini paralysé”. La vie d’Isabelle Toonananak, mère de quatre enfants, n’a pas toujours été restreinte au point où elle en est aujourd’hui. Celle qui dépend, désormais, essentiellement de son entourage pour ses besoins, nous a avoué avoir été autrefois quelqu’une de très active. Ayant perdu l’usage de ses membres inférieurs, Isabelle Toonananak, a la chance d’avoir à ses côtés un conjoint qui inspire le respect.
Sa vie a basculé le jour où elle a été admise à l’hôpital de Candos, en raison d’atroces douleurs qu’elle éprouvait depuis quelque temps déjà. Au vu de l’urgence, les médecins préconisent alors qu’elle subisse une ponction lombaire et qu’elle fasse une injection péridurale pour calmer ses insupportables douleurs. En règle générale, une telle intervention nécessite le consentement d’un membre de la famille. Cela, dû au fait des dangers que représente une telle procédure. Or, ce principe médical n’aurait pas été respecté, selon les dires d’Isabelle Toonananak qui aurait signé le formulaire de consentement elle-même.
C’est à compter de ce jour qu’Isabelle Toonananak commence, graduellement, à perdre sa mobilité. Elle continue, cependant, à suivre ses traitements et pendant les six mois qui suivent, l’hôpital ne saura établir un diagnostic de quoi elle souffrait exactement. C’est alors qu’elle décide de se tourner vers une association pour chercher de l’aide et afin de savoir l’origine de son mal. L’ONG en question entamera des démarches pour qu’Isabelle puisse se faire traiter à l’île Sœur. À partir de là, les médecins réunionnais décèlent la présence d’une infection qui, selon eux, n’aurait pas été traitée à temps. Débute, alors, un nouveau traitement pour Isabelle Toonananak. Un traitement qu’elle continuera à suivre, même son retour à Maurice.
Et comme un malheur ne vient jamais seul, en décembre dernier, sa fille de 9 ans sera victime d’attouchements sexuelles, par nul autre que son père biologique. Cette dernière sera, alors, prise en charge par la Child Développement Unit (CDU). Malgré son handicap, Isabelle Toonananak, réclame la garde exclusive de sa fille. Une demande que considère actuellement la CDU. Toutefois, la condition imposée par cet organisme, est qu’Isabelle remette en condition sa maison. C’est, justement, la raison pour laquelle elle a contacté l’association Solidarite Marye Pike.