De Paris à Milan, elle a pris d’assaut les plus grands ‘catwalks’ des plus grandes maisons de haute couture. Entre strass et paillettes, Karen Antonica Bocus, a travaillé avec les plus prestigieuses enseignes, tels que Karl Lagerfeld, Channel, Dolce & Gabbana, entre autres. Un métier de rêve pour certains, mais Karen Boccus, elle, percevait les choses d’une tout autre manière. Sa véritable vocation l’a appelée à son pays d’origine, Maurice. Et c’est là, qu’elle sera heureuse de servir les plus démunis. Qui est donc cette figure que l’on ne présente plus au sein de l’association « Solidarite Marye Pike » ? Réponse aujourd’hui…

Karen Boccus vient d’une famille brisée. Enfant unique, elle n’a jamais eu la chance de connaître son paternel. Elle n’était pas encore née quand son père les a quittés. Après le départ de ce dernier, c’est sa mère, Lorah Bocus, qui a assuré à la fois le rôle d’une mère et celui d’un père. C’est dans l’un des faubourgs de la capitale, plus précisément à résidence Roche-Bois, que Karen a passé son enfance et son adolescence. Une enfance pas si facile, marquée par la misère et des moments difficiles. D’où vient justement, son dévouement envers les plus démunis.

Malgré la dureté de la vie à cette époque, Karen a gardé la foi et a fait de son mieux pour s’en sortir. Pourtant petite, elle savait d’ores et déjà que la seule issue, était l’éducation. C’est de par son vécu hors du commun qu’elle s’est forgé une identité de combattante, nous a-t-elle avoué.

Après des études secondaires au collège St Bartholomew’s, à Port-Louis, elle poursuit son parcours dans le domaine du droit au « Mauricia Institute », avant de s’envoler pour l’hexagone. En 2004, c’est en France qu’elle dépose ses valises, où elle découvre le monde du mannequinat. Avec persévérance, elle enchaîne les castings et réussi à s’y frayer un chemin. De là, elle défile à Paris, Milan, en Inde, en Suisse, entre autres. Au point où un an après son arrivée, elle est repérée par une agence pour participer au « America’s Next Top Model », une émission de télé-réalité américaine.

À son retour à Maurice, sept ans après, elle rejoint l’un des meilleurs cabinets d’avocats du pays. C’est justement là, qu’elle fait la connaissance du fondateur Jean Michel Lee Shim, qui lui offre la chance de rejoindre l’ONG Anou Marye Pike. Après avoir fait le tour du monde, grâce au mannequinat, cette mère de deux enfants garde les pieds sur terre et elle est, aujourd’hui, Chef superviseur au sein de la SMP. Elle nous a avoué qu’elle se consacre entièrement à la cause sociale. Une aventure enrichissante, selon elle. Celle d’œuvrer pour les laissés-pour-compte de notre société.