Rosie (prénom fictif), 27 ans, est mère de deux filles de 6 et 9 ans et d’un garçon de 3 ans. Son aînée est née prématurément et est en situation de handicap. Elle souffre d’une hernie et sa colonne vertébrale est déformée. De par cette situation, Rosie n’a pas pu la scolariser. En effet, tous les établissements qu’elle a contactés pour admettre sa fille, n’ont pas accepté. Prétextant, que sa fille est trop ‘’fragile’’ et que les autres enfants pourraient la blessée.

Séparée du père de ses deux premiers enfants, Rosie avait refait sa vie, il y a quatre ans. Sauf que le père du dernier était séropositif et lui a retransmis le virus du SIDA. Il est décédé des suites de sa maladie. Fort heureusement, son fils n’a pas été infecté par le VIH et jouit d’une bonne santé.

Malgré sa maladie et le handicap de sa fille, cette habitante de Baie du Tombeau menait une vie quasiment paisible. Sa fille aînée perçoit une pension de Rs 10 500 de la Sécurité sociale et la deuxième bénéficie d’une aide sociale de Rs 3 600 par mois. Les soucis de Rosie ont commencé le 20 septembre dernier, lorsqu’elle a été admise à l’hôpital Jeetoo pour une blessure à la tête. Après une semaine, elle est sortie de l’hôpital et sa mère lui aurait invité à venir vivre chez elle pendant sa convalescence. Elle a, alors, demandé à sa voisine de prendre soin de ses enfants, le temps qu’elle aille mieux.

Rosie nous a raconté qu’après un certain temps, elle a informé sa mère et son frère qu’elle voulait retourner à Baie du Tombeau, avec ses enfants. Là, elle aurait été battue par sa mère et son frère. Ces derniers lui auraient empêché d’aller vivre avec ses enfants. Au final, elle réussira quand même à s’enfuir de la maison de sa mère et retrouver ses filles et son garçon à Baie du Tombeau. Mais elle gardera une relation assez correcte avec sa mère.

Entretemps, elle perd sa carte d’identité et ne pourra pas toucher la pension de sa fille pour les mois d’octobre et de novembre. Elle fait alors des démarches pour avoir une nouvelle carte et obtient un reçu comme preuve de la perte de sa pièce d’identité.

En début du mois de décembre, sa mère lui aurait proposé d’aller prendre les trois mois de pension et du boni de fin d’année de sa fille, soit l’équivalent de quatre mois de ce que perçoit la petite. Elle aurait même proposé à Rosie de leur acheter un téléviseur. Une idée qu’approuvait cette dernière, vu que les trois enfants n’avaient rien comme passe-temps. Sauf qu’au retour, sa mère aurait ramené trois téléphones portables ; l’un pour sa fille de 9 ans, un autre pour sa deuxième fille et le troisième pour le frère de Rosie.

Pour ce qui est du reste de la somme de plus de Rs 40 000, Rosie n’aurait perçu que Rs 1 000 pour s’acheter des provisions. Elle aurait, à maintes reprises, demandé à sa mère de lui rendre la carte de pension de sa fille, mais n’a rien reçu jusqu’ici. Le vendredi 16 décembre, elle se serait rendue au poste de police de Trou Fanfaron pour faire une déposition. Les policiers de cette station l’auraient conseillé de le faire à Baie du Tombeau. Chose qu’elle a faite le lundi suivant, soit le 19 décembre. Toutefois, elle n’aurait rien eu comme réponse de la police, jusqu’ici. D’où sa décision de se tourner vers la Solidarite Marye Pike. Rosie fait appel, également, pour avoir des couches pour son fils de 3 ans et quelques provisions.