Maya est une femme traumatisée. Cette mère de trois enfants, dont la plus petite a 3 ans, vit dans la peur de se faire agresser par son mari, pris dans l’enfer et l’engrenage de la vente et de la consommation de la drogue. Le témoignage de Maya dans notre émission de ce matin du mercredi 1er juin, donne froid dans le dos et pointe du doigt de l’inaction des autorités. Cela, face aux appels à l’aide de cette femme d’une quarantaine d’années, qui vit un véritable cauchemar.

« Mo vivre dans la peur. Mo pas capave travail, parki mo bizin alle sers mo deux zenfants lekol 2h ek 3h30. Car si mo laisse zot lors simé, zot papa capave agresse zot ou prend zot pou alle vend la drogue », a expliqué Maya, au téléphone ce matin. Dans la voix de cette dernière, se dégage la peur à fleur de peau. Pour cause, non seulement, elle se fait agresser par son mari, ce dernier encourage aussi sa nouvelle concubine à frapper Maya et son frère à terroriser ses enfants.

Maya, par faute de moyens financiers, ne peut quitter le toit conjugal pour aller vivre ailleurs et assurer dans la foulée la sécurité de ses trois enfants. Elle continue à habiter, à l’étage de la maison de sa belle-mère, alors que la maison du bas est occupée par son beau-frère, sa famille, son mari et sa nouvelle concubine. « Zot coup pou kouran et mon delo. Mo fine bizin alle fer lot démarche. Zot dire mo ban zenfant alle reste lors simé et sa nouveau femme mo mari la li déjà tappe moi », raconte encore Maya.

Cette dernière a consigné une déposition le 14 mars dernier contre son époux pour agression. Le 23, elle a porté une nouvelle plainte au poste de police de Vieux Grand-Port. Mais depuis 2020 Maya n’a cessé de chercher de l’aide auprès des autorités ; dont la police, la CDU, la brigade des mineurs, la Family Protection Unit et le ministère de la Femme. Elle a même fait une demande pour une 2e « protection order » au niveau de la cour. Mais ce n’est pas pour autant que Maya est en train de trouver la lumière au bout du tunnel. « J’ai frappé à la porte de la SMP, car personne n’agit pour moi. C’est mon dernier recours », confie-t-elle.

Selon elle, son époux, également toxicomane, vend de la drogue en présence de son fils de 10 ans et a même été condamné à 5 mois de prison. Cet appel à la SMP, rajoute-t-elle, est aussi son dernier recours dans sa lutte pour trouver une tranquillité d’esprit, face à ce qu’elle considère à un harcèlement de son époux. «Mo nepli koné ki pou fer. Tout la porte ki bizin mo fine tapé. Mais mo situation pareil. Pas facile dire ou », déplore une Maya en larmes.

En écoutant le témoignage poignant de Maya, nous avons décidé de faire état de cette affaire à l’avocate Roubina Jadoo-Jaunbocus. Cela, afin de voir comment on peut aider cette mère de famille à sortir de cette détresse. Nous avons, aussi, sollicité le ministère de l’Égalité des genres et de la Famille.