
Les temps sont durs et face à la cherté de la vie, bon nombre de famille mauricienne peinent de plus en plus à joindre les deux bouts. Personne n’est épargné. Chaque individu se sent de près ou de loin concerné par la situation actuelle. Augmentation du coût de la vie et baisse du pouvoir d’achat sont, entre autres, les composantes qui y contribuent. Des phénomènes aux conséquences négatives qui touchent toutes les couches sociales et d’autant plus ceux qui vivent dans la précarité. Et dans cette équation, ce sont ces derniers qui sont les plus à plaindre. À Maurice, ils sont des milliers de familles à se retrouver dans une telle situation. À l’instar de Jenifer (prénom fictif), qui a bien voulu nous a raconté sa misère et sa lutte pour survivre au quotidien.
C’est avec le cœur lourd qu’elle s’est entretenu avec notre journaliste, ce lundi 16 janvier. Cette mère célibataire de quatre enfants âgés entre 7 à 18 ans nous a expliqué qu’il n’est toujours pas facile pour elle de subvenir aux besoins de sa famille. Jennifer, éprouve bien des difficultés à chaque fin de mois. Elle nous a avoué qu’elle se retrouve, désormais, sans argent, à peine quelques jours après qu’elle ait touché son salaire. Mais malgré cela, elle ne veut pas perdre espoir et souhaite un avenir meilleur, pour elle et ses enfants.
Habitant la région de Pamplemousses, Jennifer, 35 ans, travaille comme caissière chez un Bookmaker. Un travail qu’elle exerce à plein temps, avec des horaires décalés. Cela, contre un mince salaire de Rs 10 000. Divorcé depuis plus de deux ans, elle élève seule ses enfants, en l’absence d’une figure masculine. Avec un loyer de Rs 6 000 à payer, des factures à régler et des autres dépenses, Jenifer P n’arrive plus à s’en sortir. Surtout avec plus de la moitié de son salaire qui sert à payer le loyer !
Après des années de galères, Jennifer souhaite sortir de cette misère. Pour ce faire, elle devra, cependant, trouver un emploi qui soit mieux rémunéré. En sus du mince salaire qu’elle perçoit, ses horaires de travail ne la permet pas de passer du temps avec ses enfants. Quand elle est au travail, c’est son ainé qui se charge de veiller sur le reste de la fratrie. Au bord des larmes, Jennifer nous a avoué qu’elle a l’habitude de dormir le ventre vide ; « Parfwa mo bizin dormi ventre vide pou capav avoy mo zanfant lekol ».
Il convient, cependant, de signaler que Jenifer était autrefois bénéficiaire d’une allocation sociale qui a, malheureusement, été supprimée. La raison évoquée, selon elle, par les officiers de la Sécurité sociale, serait qu’elle est déjà employée. Outre la Sécurité sociale, Jenifer a également sollicité l’aide de la National Housing Développement Corporation (NHDC). Une démarche qui n’a jamais abouti en raison d’un dossier incomplet.
Native de l’ile Rodrigues, Jenifer, qui est venu s’établir à Maurice en 2006, ne sait plus vers quel saint se vouer. « Mon arrivée enn stad dan mo lavi kot mo repli konner ki bizin fer ». Son souhait le plus cher est que ses enfants aient une maison à leurs noms. Nous lançons, ainsi, un appel aux autorités concernées de bien vouloir reconsidérer les demandes de cette mère courage, qui se bat tous les jours pour faire grandir ses enfants.