Rongée par la maladie, Anita (prénom fictif) est à bout de force ! Elle a pris tout son temps pour nous expliquer sa maladie ; comme pour imprégner chacun de ses mots de la souffrance qu’elle subit depuis 2014. C’est cette année-là qu’on lui a diagnostiqué un cancer de l’utérus et que ses médecins lui ont fait une hystérectomie (une procédure chirurgicale qui consiste à enlever l’utérus). Après cela, elle a suivi plusieurs traitements, inclus des séances de chimiothérapie et de radiothérapie, et faits des batteries de tests. Des épreuves qu’elle a surmontées avec bravoure.

Cette habitante de Vacoas, âgée de 55 ans, pensait que le pire était derrière elle et qu’elle allait enfin pouvoir profiter d’une vie paisible auprès de son époux, de sa fille de 34 ans et de son fils de 31 ans. Malheureusement, ça ne fut pas le cas. À la fin du premier confinement, en 2020, les douleurs d’Anita refont surface et elle apprend qu’elle a fait une rechute. S’enchaînent, alors, des sessions de chimiothérapie (6 au total) dans une clinique privée. Des traitements lourds, mais qu’elle accepte sans broncher. S’ensuivent aussi des tests IRM (imagerie par résonance magnétique) qui ne révèlent aucune anomalie.

Cependant, Anita est prise par des infections urinaires qui durent pendant 1 an. Elle s’essaye à plusieurs traitements et médicaments, mais son état ne cesse d’empirer. Elle n’arrive plus à retenir son urine, qui commence à s’écouler de son vagin. Elle consulte, alors, un urologue, qui l’informe qu’elle a un trou dans sa vessie. Anita est obligée de repasser sur le billard le 15 avril dernier pour lui implanter un tube pour relier ses reins à sa vessie. Le lendemain, soit le 16 avril, les chirurgiens l’opère de nouveau pour régler son problème de vessie, mais là, le constat est accablant ! Le cancer s’est propagé dans son abdomen et a affecté son organe urinaire.

Après cette découverte, qui a mis une fin aux tentatives de ses médecins de réparer sa vessie, Anita entame à nouveau des séances de chimiothérapie pendant un mois. Un traitement lourd qu’elle ne pensait pas pouvoir en sortir vivante. À l’entame de sa quatrième session de chimio, on lui découvre un ganglion. La semaine dernière, ce ganglion s’est éclaté et elle a dû subir, d’urgence, une opération le vendredi 2 septembre. Dans une vingtaine de jours, Anita doit faire un ‘PET scan’, une technique d’imagerie qui étudie l’activité métabolique des tissus en injectant un produit radioactif à base de glucose. Cela, pour voir où en est arrivé son cancer.

En même temps, le médecin d’Anita pense que la quinquagénaire doit se faire traiter à l’étranger. Mais cette dernière pensait qu’elle ne soit pas éligible à une aide de l’État, du fait qu’elle suit ses traitements dans le privé. D’où la raison, pourquoi elle s’est tournée vers la Solidarite Marye Pike.

Contacté par notre rédaction, Ashwin Soodhoo, responsable des doléances au ministère de la Santé, nous a expliqué que même si un patient suit des traitements dans le privé, il peut faire une demande d’aide sous l’Overseas Treatment Scheme. Dans le cas d’Anita, cette dernière doit demander un mémo de son médecin traitant et doit le déposer au ministère de la Santé. Si le traitement ne peut se faire à Maurice, l’État viendra en aide à l’habitante de Vacoas, selon les règles établis.