
Karine O., souffre le martyre. À 42 ans, cette habitante de Quartier-Militaire a subi une amputation de sa jambe droite. Depuis, elle se déplace sur un fauteuil roulant. Et comme un malheur ne vient jamais seul, aujourd’hui, Karine est contrainte de trouver un toit pour mettre un frein à ces humiliations. Cette mère de famille a été chassée de la maison qu’elle occupait depuis le mois de mai. Elle accuse sa bru de maltraitance. Les yeux remplis de larmes, elle regrette amèrement d’avoir accepté de venir vivre dans la maison de son fils à Quartier-Militaire.
Au mois de mars, Karine, diabétique, subit une intervention délicate. Le médecin n’a pas eu le choix que de pratiquer une amputation sur son pied droit. Après cette intervention, elle a été appelée à prendre place sur un fauteuil roulant. Désormais, sa vie n’est plus la même. Elle qui débordait d’énergie est contrainte de compter sur le soutien de sa fille de 7 ans pour la moindre tâche.
Accepter sa maladie n’est jamais facile, accepter de devoir vivre en fauteuil l’est encore moins. Pire, Karine a dû se séparer de son fils cadet, car celui-ci suivait des cours auprès d’une institution. « Mo fine bizin demane mo garçon ale reste cot mo bane fami dan Rose-Hill. Zis pou mo pa fatig li. Li ti pé encore aprane. Mo tifi fine reste ek moi. Li aide moi dan tou, même ziska amène moi dan salle de bain pou baigné », raconte Karine en pleurs.
Alors que mère et fille se débrouillent pour mener à bien leur nouvelle vie, un beau matin, Karine reçoit la visite de son fils et de sa belle-fille. Ces derniers sont venus les chercher pour habiter la maison familiale à Quartier-Militaire. Sur insistance de son fils, elle accepte.
Trois mois après, les calvaires de Karine commencent. Elle est devenue le souffre-douleur de sa bru. Il ne se passe pas un seul jour sans qu’elle se fasse humilier et torturer. Si bien qu’elle passe sa journée avec un morceau de pain sur l’estomac. « Mo pa envi reste ici. Zot maltret moi. Zot prend mo kas. Mo pa gagn manzé. Mo pa ressi baigné parski bizin sarié delo et mo pa réssi. Rod ene lakaz pou moi », plaide Karine sur l’antenne d’Anou Marye Pike en ce lundi 6 décembre.
Cette mère de famille a lancé un véritable appel de détresse à la SMP. Elle souhaite non seulement trouver un toit, mais aussi réclamer une visite médicale. Depuis qu’elle a trouvé refuge chez son fils, elle n’a pas été autorisée à se rendre à ses rendez-vous habituels. Souffrante de l’hypertension et du diabète, elle n’a pas avalé ses médicaments depuis 4 mois déjà. Sa santé s’est nettement détériorée. Qui plus est, sa fille de 7 ans a développé un asthme chronique.
Aussitôt alertées, Natasha Meunier et d’autres soldates de l’association se sont lancées dans une véritable course contre la monte pour trouver une maison dans la région de Rose-Hill. La SMP s’est, aussi, engagée à offrir un repas chaud à cette famille. Une visite médicale sera également organisée par le Dr Gessan Balloo.