Franchette Caphane, âgée d’une trentaine d’années, est aux petits soins pour ses parents malades. Elle a mis sa vie entre parenthèses pour être à leur chevet. C’est un quotidien pas comme les autres.

C’est dans son salon, à Goodlands, que Franchette Caphane nous accueille. Sa mère, qui vient tout juste de rentrer de l’hôpital, où elle a fait sa dialyse, s’allonge sur le canapé à côté d’elle et de son époux. À peine peut-elle parler ou bouger. Sa fille prend le relais et nous parle de leur souffrance.

«Ma mère souffre de douleurs aux reins, elle est fragile et elle ne peut pas trop marcher», explique Franchette Caphane. Cela fait deux ans que sa mère suit un traitement par dialyse trois fois par semaine. La séance de dialyse est longue et, des fois, sa mère n’arrive pas à faire le traitement jusqu’au bout car elle a des vertiges.

«Mon papa a fait un AVC il y a sept ans et il souffre du diabète, de l’hypertension, de cholestérol et ma mère souffre des mêmes maladies, ainsi que de lurée», énumère-t-elle.  Le père de Franchette Caphane a subi une quatrième attaque cette année. «Inn gagn dezan, sa inn atak so lagorz ek so servo, ena kitsoz ki li bliye. A tou ler li kapav dimande ki ler la ek ki zour la, li bliye bokou kitsoz.»

Franchette Caphane a tout abandonné pour être au chevet de ses parents malades. Ses frères et sœurs ont fondé leurs propres foyers et se sont installés ailleurs. Franchette Caphane, la benjamine de la famille, ne s’est, elle, pas posée de question. «Jai été obligée de quitter mon travail pour prendre soin d’eux et je m’occupe aussi de mes enfants.» En effet, en sus de ses parents, la trentenaire a son propre foyer, un époux et trois enfants.

«Au début, ce n’était pas évident d’aller à lhôpital trois fois par semaine pour que ma mère fasse sa dialyse. L’argent de la pension ne suffisait pas car je devais payer un taxi pour aller à lhôpital.» Cela fait un an qu’ils ont une ambulance à leur disposition pour qu’elle puisse faire son traitement.

Il n’empêche que ce n’est pas facile de joindre les deux bouts, poursuit Franchette Caphane. Avec la maladie, tout se complique. L’argent que reçoivent les deux retraités ne suffit pas. «Mo bizin aste so bann zafer. So Weetabix ek so Nestum. Tou sa la inn monte, tou ser. Mo mama pa kapav manz tou akoz so bann konplikasion», souligne la jeune femme.

En apprenant l’existence de l’association Solidarite Marye Pike (SMP), Franchette Caphane s’est inscrite et en est aujourd’hui bénéficiaire. «Mo’nn al ver zot. Kouma mo mama ek mo papa servi couche, zot pe ed nou, parski zot kass pansion pa sifi, ek mo pe bizin aste medikaman tou. Nou pe gagn bann medsin de SMP ki vinn a nou domisil, mo pe kapav debrouye. Mo tifi inn mem gagn swin dantis tou», raconte-t-elle avec soulagement.

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