| Abandonnée par son conjoint alors qu’elle en était à son quatrième mois de grossesse, Jessica a dû se battre seule contre vents et marées. Cette habitante de Richelieu nous raconte son histoire. |
Pour Jessica, «se enn lazwa ek enn benediksion ki mo’nn gagn sa lasans-la». Bénéficiaire de l’association Solidarite Marye Pike (SMP), la mère célibataire de 36 ans affirme que cela lui a permis de reprendre courage face aux difficultés de la vie.
L’habitante de Richelieu est mère d’une petite fille de huit ans qui, confie-t-elle, a été rejetée par son père. En effet, après des années de vie commune, il a abandonné Jessica alors qu’elle était enceinte de quatre mois. Cela a été un gros choc pour la jeune femme, qui ne s’y attendait absolument pas.
Alors qu’elle aurait dû pouvoir profiter de sa grossesse, il n’en a rien été. «Je me demandais alors comment profiter pleinement de cette naissance alors même que le papa m’avait lâchement abandonnée. Je me suis torturée l’esprit à essayer de comprendre comment il était possible d’abandonner et de ne plus aimer la femme qui porte son enfant si soudainement…»
Malgré les doutes, malgré la peur, Jessica a tenu bon. «Après la naissance de ma fille, mon ex–conjoint faisait des allers-retours. Il l’a déclarée et il est parti.» La mère célibataire tente de se reconstruire après cette histoire désastreuse. Elle se met en couple avec un homme ; leur relation durera environ cinq ans. «Mo ex inn bien get mo tifi, li’nn donn li tou seki lot-la pa’nn done. Li’nn rant dan mo lavi kan mo tifi ti ena dezan ek sa fer enn an ki li’nn kit mwa», précise-t-elle.
Depuis sa dernière relation amoureuse, Jessica a décidé de reprendre sa vie en main. «J’ai fait de mon mieux pour vivre pour nous, ma fille et moi. Elle grandit, elle a besoin d’une stabilité et je veux son bonheur.» Mais la mère célibataire ne cache pas à quel point c’est difficile d’avancer chaque jour. «Mo pa dormi aswar. Mo telman tris. Mo lorye tousel konn mo soufrans…»
Les finances sont un réel problème. «Je ne reçois pas d’aide sociale.» Pour corser la situation, Jessica ne peut pas travailler. «Je souffre de multiples complications telles que le diabète, une infection du poumon et “enn problem ner” pour lequel je suis des traitements à l’hôpital civil et à Brown Séquard», souligne-t-elle, avant de révéler que cela lui arrive de rater ses rendez-vous à l’hôpital. «Mo pa resi ale akoz mo pena kas pou pey transpor, lerla mo rat mo rendez-vous.»
La mère célibataire peut heureusement compter sur l’aide de ses parents qui sont tous deux à la retraite. Et en tant que bénéficiaire de l’association SMP, «mo gagn manze so, komision ek zot soutien», dit-elle.
