Après des années de lobbying de la part de la société civile et des ONG, un nouveau protocole pour la distribution de méthadone est en cours d’implémentation à Maurice. Une décision qui a été accueillie favorablement par les acteurs concernés dans la lutte contre la toxicomanie. Une nouvelle approche qui vise à mettre fin à la distribution de méthadone dans les stations de police. Une pratique qui a été vivement critiquée pendant des années. Ainsi, dans un avenir proche, les 7 000 utilisateurs de la méthadone seront redirigés vers les dispensaires et ‘mediclinics’ aux quatre coins de l’île.

La question a été abordée, ce matin, lundi 8 mai lors de l’émission Anou Marye Pike, avec Jamie Cartick, ‘Program & Advocacy Officer’ au sein de l’ONG Collectif Urgence Toxida. Une émission animée par notre journaliste Frédéric Arekion, comme chaque lundi, entre 10 heures à 11 heures.

Selon Jamie Cartick, une personne sous méthadone doit être traitée comme tout autre patient. Selon les informations qui ont transpiré jusqu’ici, le nouveau protocole est mis en œuvre progressivement afin d’assurer une transition en douceur. Une telle mesure permettra de réduire le trafic de méthadone dans les rues et d’améliorer la qualité de vie des personnes qui sont sous ce traitement.

Des formations, a-t-on appris, ont déjà commencé auprès du personnel de santé. Des facultés offrent même la possibilité aux professionnels de santé, d’entreprendre un diplôme en addictologie, l’étude des addictions. Cependant, il reste encore beaucoup de travail à faire pour combattre la discrimination et la stigmatisation envers ceux qui sont victimes de la drogue. Notre interlocutrice persiste à croire que les personnes sous méthadone, doivent être traitées comme n’importe quel autre patient. Il est, ainsi, important de disséminer l’information sur ce nouveau protocole, afin de clarifier les choses.

Le nouveau protocole est une façon de mieux réguler et de superviser les utilisateurs de méthadone. Pour Jamie Cartick, le succès du programme réside dans le fait d’éliminer les tabous. L’afflux des personnes sera, selon elle, un aspect important à prendre en considération. Elle se demande si la logistique dont nous disposons pourra supporter l’affluence. Il faudra répartir les 7 000 utilisateurs de la méthadone de manière égale, pour éviter une saturation de notre système de santé, conclut-elle.