Il se dit être un défenseur, un saint homme qui travaille Pro Bono pour défendre les opprimés de notre société. Il est aussi homme de loi et un féru de justice. Il se dit aussi être un homme intègre. Mais, ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il est aussi un homme à deux visages. Vendredi 26 novembre, lors de notre émission Anou Marye Pike, le côté obscur – ou si vous voulez le côté mauvais payeur de cet homme de loi – a été relevé au grand public. En effet, Ritoodoise Daby, un homme de 88 ans, n’est pas allé de main morte contre l’avocat en question qu’il a qualifié être plus « un tapageur qu’homme de loi ». Cet habitant de Curepipe, a expliqué en direct qu’il a dû poursuivre cet homme de loi en justice plusieurs fois, pour qu’il honore des dettes impayées depuis 2013.
C’est le moins que l’on puisse dire. En effet, Ritoodoise Daby dit vivre un véritable calvaire depuis bientôt 9 ans, en raison de cette dette de Rs 575 000. D’autant plus, qu’avant qu’il fasse appel à la SMP, aucun homme de loi ne se bousculait au portillon pour essayer de défendre son cas. Il a souligné qu’en raison de cette situation, il n’a pas eu d’autres choix que de se tourner vers la SMP. Contacté par notre équipe durant l’émission, l’homme de loi Selva Murday a décidé, quant à lui, de prendre les choses en main.
L’affaire remonte en 2004-2005, lorsque la campagne électorale pour les élections générales de 2005 battait son plein. L’homme de loi en question était candidat pour l’équipe de l’Opposition et avait sollicité Ritoodoise Daby afin de louer une de ses maisons à Curepipe. Cela par le biais de celui qui allait devenir son attaché de presse, lorsque l’homme de loi avait pris des fonctions ministérielles.
Ritoodoise Daby, qui vivait en Angleterre à l’époque, avait confié cette transaction à son neveu. C’est ce dernier qui a signé le contrat de location avec le futur attaché de presse de l’homme de loi, contre une somme de Rs 15 000 mensuellement. Toutefois, Ritoodoise Daby a très vite constaté que ce n’était pas l’homme de loi et sa famille qui avaient pris leur quartier dans la maison de Curepipe. Mais plutôt 6 familles, soit quelque 33 personnes. « Par la suite, je devais apprendre que ce sont des SDFs, qui occupaient un terrain de football à Rose-Hill et que l’homme de loi voulait reloger », nous a expliqué vendredi Ritoodoise Daby.
Après un premier paiement de Rs, 15 000, Ritoodoise Daby devait rester sur sa faim, car les trois années durant lesquelles ces familles ont occupé sa demeure de Curepipe, il n’a reçu aucun paiement pour le loyer. Plus grave, dira-t-il, il a dû par la suite dépenser plus de Rs 500 000 pour remettre sa maison aux normes et pour le rendre habitable à nouveau. C’est pourquoi, au départ, il avait fait des réclamations de l’ordre de Rs 5 millions à l’homme de loi.
Toutefois, après des arrangements devant la Mediation Court, l’octogénaire a fini par accepter de ne réclamer que Rs 800 000 à l’homme de loi. En effet, selon un jugement rendu par la Mediation Division de la Cour Suprême, le 15 juillet 2013 (SN : 100116-1-739-07), il est écrit que « Pursuant to a Judgment delivered by the Mediations Division of the Supreme Court of Mauritius on the 15th July 2013 (bearing serial number 100116-1/739/07) you the Hereundername Party –(Judgment Debtor) were indebted to the Judgment Creditor (Ritoodoise Daby) in the sum of Rs 785 000/plus interest and cost ».
Un jugement que l’homme de loi n’a jamais respecté et qui au final a forcé Ritoodoise Daby à envoyer à l’homme de loi un Writt of Injunction pour qu’il honore ses dettes. Mais il n’en fut rien. Malgré que 4 ans se soient écoulés, cet accord n’a toujours pas été respecté. Il y a eu, certes, des petites sommes payées à M. Daby, mais l’homme de loi a toujours une ardoise de Rs 575 000.
C’est aussi la raison pour laquelle Ritoodoise Daby a engagé des procédures de Bankrupcy contre l’homme de loi. Le 11 octobre 2017, en effet, l’avocat mauvais payeur a reconnu qu’il devait une somme de Rs 700 000 à Ritoodoise Daby. Par la suite, il devait donner l’assurance à Ritoodoise Daby qu’il allait régler la note, par tranches jusqu’en juin 2018. Toutefois, lorsque ce Writt of Injunction a été porté en cour le 29 octobre 2018, l’homme de loi n’avait remboursé que Rs 75 000.
La somme restante, soit Rs 575 000, se fait toujours attendre, alors que la santé de Ritoodoise Daby, elle, a commencé à se dégrader. « Je suis vieux et je n’ai pas toute ma santé. J’ai besoin de mon argent pour me faire soigner. Mais à chaque fois que j’ai payé un avoué pour faire des réclamations, il a été impossible de mettre la main sur lui, ni d’avoir accès à lui en raison de la présence de ses gros bras », a expliqué M. Daby. Dans la foulée l’homme de loi fut averti que selon la section 8 de The Insolvency Act 2009, son agissement envers Ritoodoise Daby est considéré comme une offense et qu’il a commis un acte de Bankrupcy, et qu’il doit s‘attendre à des conséquences.

‘Enter’ Me Murday
Me Selven Murday, a donc décidé de prendre cette affaire en main dans un esprit de solidarité envers Ritoodoise Daby. Lors de son intervention, il a expliqué les différentes étapes à franchir avant que cette affaire ne soit portée devant la justice. Interrogé, pour sa part, le président du Bar Council, Me Yatin Varma a expliqué qu’il est pleinement informé de cette affaire et des engagements pris par l’homme de loi envers Ritoodoise Daby. Mais il a souligné que le Bar Council ne peut s’ingérer dans cette affaire. D’autant, dira-t-il, que le plaignant a eu un jugement en sa faveur.