
Avoir une fille de 30 ans qui n’a pas pu terminer ses études secondaires et qui ne peut pas, non plus, entrée dans le monde du travail, c’est le lourd fardeau que porte au quotidien, Lutchmi Sinappan. Cette mère de deux filles, dont la cadette a 26 ans, vit constamment dans l’angoisse que sa fille ainée, P.S, commette l’irréparable. En effet, lorsque Lutchmi est intervenue dans notre émission de ce matin, nous avons très vite constaté que cette habitante de la région de Ste-Croix, est dans une situation de détresse. Outre la situation de sa fille, Lutchmi a, en effet, dû commencer à travailler tardivement pour nourrir sa famille, après que son époux fut victime d’une dépression.
De ces deux situations, c’est surtout celle de sa fille ainée qui préoccupe le plus Lutchmi. Car, malgré les 17 ans de médication et de traitement psychothérapique, elle dit constater aucune amélioration chez celle-ci. « Depuis que ma fille a fait son entrée au collège, elle a été victime de bullying, et cela, jusqu’à sa forme V. Après son School Certificate, elle a dû quitter l’école, car elle n’a pas pu bien travailler pour ses examens et aussi, elle ne voulait pas retourner à l’école », nous a expliqués Lutchmi.
En effet, le parcours scolaire de P.S a été, en tout et pour tout, un cauchemar. Selon sa mère aucune fille de son collège ne voulait parler avec elle. Elle a été aussi victime des comportements racistes des élèves qui reprochaient à P.S la couleur de sa peau.
« Avec la maladie de son père et mon travail, je n’ai pas su noter ni considéré avec attention ce que ma fille me disait et ses souffrances à l’école. Ses enseignants, non plus, n’ont pas attiré mon attention sur la performance de ma fille au collège. Aujourd’hui elle paye toujours les conséquences de cette situation, car malgré ses 30 ans elle ne fréquente personne, ne peut pas travailler et n’a pas de vie sociale », soutien notre interlocutrice.
Selon cette dernière, il n’est pas non plus question d’introduire sa fille dans le monde du travail, car elle pense que tout le monde lui en veut et qu’on parle d’elle constamment. De ce fait, Lutchmi nous confie que depuis l’âge de 13 ans, sa fille est sous médication et consomme même un puissant sédatif pour dormir le soir.
Mais après 17 ans de médication, Lutchmi dit constater aucune amélioration dans l’état de santé psychique de sa fille. « Je ne sais plus quoi faire. L’année dernière elle a pu passer devant un psychologue et ce dernier nous a indiqués qu’une des solutions pour aider ma fille, c’est de trouver les moyens pour la distraire. Mais le pire, c’est que ma fille n’a pas d’amis », a-t-elle expliqué.
C’est la raison pour laquelle Lutchmi a frappé à la porte de la SMP pour de l’aide. Dans un premier temps nous avons conseillé à cette dernière d’initier P.S à un sport, en particulier la natation. Ce sport est reconnu pour ses effets positifs dans de tels cas, tout comme la pratique de la musique. Nous avons, même, mis Lutchmi sur des pistes. Mais entre-temps, nous sommes à la recherche d’une ONG ou de toute autre organisme qui s’occupe de ce genre de situation.
Si vous avez une piste, appelez-nous sur le 460 47 16 ou le 460 4717.