Depuis cinq ans, Marceline Laretive s’occupe de son époux Gaston, 77 ans, à plein–temps. Il ne peut plus marcher. Le couple bénéficie également de l’accompagnement de l’association SMP. Témoignage.
Lorsque la maladie surgit et touche le chef de famille, l’équilibre du couple vacille. Et pourtant, le couple Laretive est aussi solide qu’un roc. Après 50 ans de vie commune, Marceline Laretive, 67 ans, est toujours aussi fidèle à son engagement envers son époux Gaston, 77 ans. C’est ensemble qu’ils ont traversé les épreuves de la vie et c’est ensemble qu’ils continuent à le faire.
Depuis cinq ans, Marceline Laretive est ce qu’on appelle une aidante. Elle s’occupe de son époux malade jour et nuit. Celui qui est le plus en forme doit pallier les difficultés de l’autre ; c’est une responsabilité que Marceline Laretive a prise depuis que son bien-aimé ne peut plus marcher.
C’est une tâche sans repos, certes, mais elle ne s’en plaint pas. Un amour profond unit mari et femme. Ils sont très proches et s’entendent très bien. «Tan ki mo pa rantre, li pa pou manze. Li pou atann mwa, nou’nn fini gagn sa labitid manz ansam. Depi li lor lili, nou’nn vinn pli pros, parski mo avek li 24/24», partage-t-elle.
Si elle s’est adaptée à cette situation, ce n’est pas le cas de son époux. Gaston Laretive n’accepte pas la maladie. Étant une personne forte et autonome, il a du mal à faire face à cette dure réalité. Têtu de nature, il essaie toujours de faire l’effort de se mettre debout ou de marcher. «Ena fwa li tonbe, lerla li gagn douler», raconte son épouse.
Marceline Laretive regrette de ne pas avoir l’aide de ses enfants. Ces derniers ont fondé leurs propres foyers et délaissent quelque peu leurs parents. «Mo pa tro gagn koudme avek mo bann zanfan parski zot pa gagn letan. Zot marye. Mo bizin debrouye par moem», dit la sexagénaire avec tristesse. Elle gère au jour le jour. Ses journées avec Gaston Laretive commencent tôt, à quatre heures du matin. Elle s’active, lui donne son thé, son bain, change sa couche et lui prépare à manger.
Marceline Laretive trouve aussi du temps pour s’occuper de ses fleurs, sa passion depuis toute jeune. Parfois, elle va de porte en porte pour vendre ses jolies merveilles. «Mo kontan aroz mo bann fler. Mo pastan sa. Mo asiz a kote mo bann fler, zot get mwa, mo get zot. Se samem mo passion», souligne-t-elle.
Depuis un an, le couple Laretive reçoit l’aide de l’association Solidarite Marye Pike (SMP). Marceline Laretive ne cache pas sa joie. «Mo erez parski pa tou dimounn ki gagn sa sens-la. Mo rekonesant anver lekip SMP, parski zot apez nou. Zot aport nou soutien. Dokter inn vinn get li e zot inn donn li medsin ek nou gagn couche osi», sourit-elle.
