Après l’enlèvement des restrictions sanitaires, la Child Development Unit (CDU) compte redémarrer ses campagnes de sensibilisation autour des abus sur enfants, quel qu’en soit la forme. C’est ce qu’a déclaré dans l’émission Anou Marye Pike de ce matin, 11 juillet 2022, Rattan Jhoree, Child Welfare Officer à la CDU. Selon ce dernier, le nombre de cas sont certes en baisse, mais la CDU a vu bon nombre de dénonciations depuis l’entrée en vigueur de la Children’s Act en 2020.

Cet amendement à l’ancienne loi de 2014 vient renforcer la protection autour de nos enfants, en renforçant les peines autour des abus et en ajoutant d’autres délits qui n’étaient pas pris en considération. Donc, qui n’étaient pas condamnables ! Ainsi, la nouvelle loi de 2020 fait provision, entre autres, des cas de ‘bullying’ dont sont victimes les enfants. En sus de cela, les condamnations ont été durcies. Ce qui devrait être dissuasif pour les personnes qui tenteraient de commettre des actes odieux envers les enfants.

Rattan Jhoree s’est attardé sur les condamnations que risquent ceux qui sont trouvés coupables d’abus sur des enfants. D’abord, il faut préciser qu’il est dans notre obligation de signaler tout acte d’abus sur des mineurs. Au cas contraire, on est fautif de complicité, sous la Children’s Act de 2020. Toute personne qui ne signale pas un cas d’abus, est passible d’une amende maximale de Rs 200 000 et d’une peine de prison maximale de 10 ans. Pour ce qui est du ‘bullying’, il faut savoir que le/la coupable risque une peine maximale de 10 ans et d’une amende ne dépassant pas les 1 million de roupies.

Avec le nombre de cas d’abus sur mineurs qui avait connu une hausse, cette nouvelle loi se veut être encore plus sévère, surtout en cas d’abus sexuels. Là, les peines sont condamnables à deux niveaux. Pour des actes commis sur des enfants en situation de handicap, la peine maximale est de 30 ans de prison et sur ceux qui ne le sont pas, elle est de 20 ans. L’amende maximale est, toutefois, la même ; soit 1 million de roupies.

Rattan Jhoree a aussi parlé des impacts psychologiques des abus sexuels sur l’enfant et la ‘Children’s Court’, qui doit être la moins traumatisante possible lorsque les cas sont entendus. Le ‘statement’ de l’enfant est maintenant entendu une seule fois pour qu’il n’ait pas à se répéter, devant les différentes instances qui doivent être impliquées dans de tels cas. Cette déclaration doit, désormais, être faite quand l’enfant est prêt et il est assisté par des psychologues.

À noter, également, qu’en cas d’abus et où la CDU n’a pas d’autres choix que de prendre en charge l’enfant, il y a toute une procédure à suivre, a expliqué Rattan Jhoree. La CDU doit, impérativement, avoir un ‘Emergency Protection Order’ émis par la Cour avant d’agir. ‘’Une fois l’enfant pris en charge dans un shelter, il n’est pas condamné à y vivre jusqu’à son âge adulte. Plusieurs portes de sortie sont envisageables pour son bien-être’’, a-t-il ajouté. Il a précisé que les autres membres de la famille peuvent faire une demande pour avoir la charge de l’enfant ; il peut être placé dans des institutions telles que Terre de Paix ou autres ; en famille d’accueil ; ou tout simplement l’enfant peut retourner chez lui, si la situation familiale s’est avérée ne plus être dangereuse pour l’enfant.